Pif gadget : la BD vecteur de liberté !

Une exposition mettant à l’honneur Pif le chien vient d’ouvrir ses portes à Bucarest pour célébrer l’ »histoire d’amour » entre les Roumains et ce personnage sous le communisme, lorsque les magazines français de bandes dessinées étaient vus comme une « fenêtre vers la liberté ».

Baptisée « Pif en Roumanie, un héros de l’âge d’or », allusion au nom donné par la propagande communiste au régime oppressif de Nicolae Ceausescu, l’exposition sera ouverte jusqu’au 22 juillet.

« Pendant les très longues et difficiles années où leur pays était coupé du monde extérieur, Pif Gadget était pour la jeunesse roumaine le seul moyen d’évasion, le seul vecteur de rêve », a indiqué le dessinateur Jean-Pierre Dirick, commissaire de l’exposition.

  »Quand on dit Pif en Roumanie c’est un sésame, quelque chose qui touche le coeur des Roumains », souligne-t-il.
En ouvrant la porte de l’exposition, les visiteurs semblent entrer dans les pages de leur magazine favori, pour partager les aventures de Pif et Hercule, Placid et Muzo, Arthur le fantôme justicier, Rahan et autres héros de BD.
« Nous avons souhaité construire un exemplaire de Pif Gadget improbable et introuvable », explique M. Dirick. Affichés à l’entrée, des textes écrits par des inconditionnels de Pif évoquent avec nostalgie et humour des souvenirs de la première rencontre avec leur héros préféré.
« Légende », « mythe », « magie »: le politologue et député européen Cristian Preda, le dessinateur Mircea Arapu ou le président de l’Institut culturel roumain, Horia Patapievici, parlent du rôle symbolique joué par Vaillant et Pif Gadget dans leur enfance et plus tard.
« C’est émouvant pour un créateur de constater la portée de son travail », indique le dessinateur Jacques Kamb, qui explique l’engouement pour Pif, plus fort en Roumanie qu’ailleurs en l’Europe de l’est, par les liens culturels très forts entre les deux pays.
Alors qu’en Hongrie ou en Pologne le magazine était traduit, en Roumanie c’est la version originale qui était distribuée, faisant de Pif « un vecteur de la francophonie », ce qui a permis à nombre d’enfants roumains d’apprendre le français, selon le directeur de l’Institut français, Stanislas Pierret.

Les Roumains ignoraient à l’époque que le magazine était publié par le Parti communiste français, ce qui lui avait ouvert les portes de la Roumanie. « Pif est la partie sympathique du communisme », a lancé l’écrivain français Michel Houellebecq lors d’une récente visite à Bucarest. Pour l’historien Adrian Cioroianu, ancien ministre des Affaires étrangères, « Pif n’a pas été un chien, ni un magazine, mais une fenêtre ouverte vers la culture française ».

       

Source : AFP -24 juin 2012 
Crédit photo : http://jmg78.hd.free.fr
Ce contenu a été publié dans Art, avec comme mot(s)-clef(s) , , . Vous pouvez le mettre en favoris avec ce permalien.

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Vous pouvez utiliser ces balises et attributs HTML : <a href="" title=""> <abbr title=""> <acronym title=""> <b> <blockquote cite=""> <cite> <code> <del datetime=""> <em> <i> <q cite=""> <strike> <strong>