Pas de vacances pour les connectés

67% des salariés du secteur médias-marketing ne décrochent pas.

400px-Laptop_on_beachEmbarquer dans son sac de voyage ordinateurs portables et smartphones professionnels est le premier symptôme d’une épidémie qui touche de plus en plus de Français. Alors que les vacances estivales sont enfin là, elles ne sont pas pour autant synonyme d’une rupture avec le quotidien du monde du travail. La dernière étude d’Opinion Way réalisée pour Voyagermoinscher.com révèle en effet qu’un quart des Français continue de travailler pendant les vacances, pour des raisons plus ou moins bonnes. Alors que 40% des actifs se rassurent en restant joignables et pensent partir l’esprit plus libre, un tiers aimerait s’en passer mais avoue ne pas avoir le choix. Puis, il y a ces 20% d’accros, qui prennent plaisir à pratiquer leur activité même sur la plage ou entre deux repas de famille. Une dépendance qui peut inquiéter davantage, d’autant que pour trois vacanciers travailleurs sur dix, cette situation est source de conflit avec l’entourage.

Les pieds dans l’eau, la tête au boulot, une tendance confirmée par la dernière étude de Regus, fournisseur mondial d’espaces de travail flexibles. Les Français sont 39% à passer des appels liés à leur activité et à consulter leurs e-mails, principalement les employés de TPE-PME (43%), avec un fort taux pour le secteur d’activité des médias et du marketing (67%). A l’échelle mondiale, ce pourcentage est de 37%, avec 42% de professionnels américains qui restent connectés, contre seulement 10% d’allemands.

 «Consulter ses e-mails jusqu’à l’aube afin d’essayer, généralement sans succès, de travailler tout en participant activement aux vacances familiales ne peut qu’amener les travailleurs au bord de l’épuisement et contrarier tout le monde», commente Frédéric Bleuse, directeur général France de Regus, en recommandant aux entreprises de réfléchir à «des solutions permettant d’accroître l’efficacité et la productivité de leurs collaborateurs, afin que leur travail n’empiète pas sur leur temps libre». Ces études dévoilent une tendance qui émerge dans nos modes de vie depuis déjà quelques années, notamment depuis que l’Internet mobile est devenu un outil de travail majeur. 

Une France partagée, où les plus attachés aux valeurs des vacances pourraient d’ici quelques années glisser vers le rythme de leurs homologues anglais et américains. Il n’y a qu’à voir la panique déclenchée par la récente panne d’Orange pour mesurer le caractère indispensable du téléphone portable, non seulement dans la vie des actifs, mais aussi de la jeune génération, accro aux réseaux sociaux. La nomophobie (contraction de no mobile phobia), toucherait d’ailleurs en France 34% des 15-19 ans; au Royaume-Uni, ils sont 76% des 18-24 ans à ne pas supporter d’être déconnectés, selon un sondage réalisé par l’entreprise de solutions de sécurité pour mobile SecurEnvoy.

Thierry Crouzet, auteur de J’ai débranché, comment revivre sans Internet après une overdose«Même s’il y a une aspiration à la déconnexion, les Français jonglent chaque été de plus en plus entre vies personnelle et professionnelle en gardant le contact avec leur bureau. Et pourtant, rompre le rythme du quotidien ne serait-ce que pendant les vacances est essentiel pour se sentir réellement «vivre», d’une manière que l’on ne ressent ni au boulot, ni en ligne. Ceux qui consultent toutes les 5 minutes leur téléphone sans être capable de s’en passer même pendant leurs congés sont comme drogués. Je ne dis pas qu’il faut arrêter la technologie, mais il faut savoir l’utiliser. Car rester connecté en permanence nuit au moral, au sommeil, mais aussi à la créativité et à la productivité.»

 

Source : www.strategies.fr – 18/07/2012  – Adèle Martignon
Crédit photo : Attribution: Photo by Wojciech Kowalski.
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